Qualité des eaux de baignade en Martinique : un bilan globalement positif.
L’Agence régionale de santé (ARS) publie un bilan détaillé de la qualité des eaux de baignade en Martinique, fondé sur plus de 6 000 prélèvements réalisés depuis 2021. Si les résultats demeurent majoritairement satisfaisants, plusieurs sites montrent des signes de dégradation qui appellent à la vigilance.
Une majorité de sites conformes
Sur les 62 sites de baignade surveillés par l’ARS, la répartition met en évidence une qualité globalement bonne. Vingt-neuf sites affichent une qualité excellente, 23 une qualité bonne et 9 une qualité suffisante. Un seul site est classé en rouge sur la carte : Grand-Rivière, dans la zone située en amont du stade, où la qualité de l’eau est jugée insuffisante.
Ce diagnostic s’appuie sur un dispositif de surveillance rigoureux. Les analyses, effectuées d’une à quatre fois par mois selon les sites, ciblent notamment deux types de bactéries indicatrices d’une contamination fécale. Pour la seule année 2025, environ 1 500 prélèvements ont été réalisés.
Concernant Grand-Rivière, la présence de cochons sauvages sur le bassin versant naturel de la rivière pourrait expliquer, au moins partiellement, les pollutions observées. À l’exception de ce site, tous les résultats de 2025 restent conformes aux exigences de la baignade.
Sept sites en amélioration, huit en recul
Le bilan révèle des évolutions contrastées. Sept sites ont enregistré une amélioration de leur qualité au cours des dernières années. Parmi eux figurent La Cherry, au Diamant, ainsi que les plages de l’Anse L’Étang et des Raisiniers, à Trinité. À Sainte-Luce, les plages de Désert et de Gros Raisins progressent également, tout comme la plage du Grand Macabou, au Vauclin.
À l’inverse, huit sites connaissent une dégradation : le bourg des Anses-d’Arlet, le Pont de l’Alma à Fort-de-France, l’Anse Céron au Prêcheur, ainsi que les plages d’Anse Madame et de la Batelière à Schœlcher. À Trinité, les plages du Bourg et de la Brèche sont concernées, de même que le Petit Macabou au Vauclin.
Sur les cinq dernières années, la tendance générale interpelle : 35 % des sites ont vu leur qualité se détériorer, contre seulement 5 % ayant enregistré une amélioration.
L’urbanisation en cause
Pour Gérard Thalmensi, responsable du département de la santé environnementale à l’ARS, ces évolutions s’expliquent en grande partie par la pression urbaine et les défaillances des systèmes d’assainissement. « C’est essentiellement l’urbanisation, et l’urbanisation entraîne des dispositifs d’assainissement, enfin devrait entraîner en tout cas des dispositifs d’assainissement aux normes, ce n’est pas toujours le cas », explique-t-il.
Le responsable invite néanmoins à la prudence dans l’interprétation des variations annuelles. Pour évaluer l’évolution réelle de la qualité des eaux, il estime nécessaire d’adopter une analyse « sur le moyen terme ».
Un indicateur partiel de l’état du milieu marin
La qualité des eaux de baignade ne reflète toutefois qu’une partie de l’état du milieu marin. Les analyses de l’ARS se concentrant sur les bactéries fécales, de nombreux autres facteurs échappent à cette surveillance.
Mélissa Bocaly, directrice adjointe et cheffe du service ingénierie du Parc naturel marin de Martinique, souligne que « plein d’autres paramètres » peuvent altérer la qualité environnementale : substances chimiques, excès de nutriments, acidité, turbidité ou apports de terre. Ces derniers affectent particulièrement les herbiers et les récifs coralliens, qui dépendent de la lumière pour fonctionner.
Ces dernières années, le Parc naturel marin a d’ailleurs constaté une dégradation accélérée des récifs coralliens autour de la Martinique, confirmant que la santé du littoral dépasse largement le seul enjeu de la baignade.

